La puissance de la visualisation
Ou comment entraîner son cerveau et son corps sans bouger de sa chaise — ou de son fauteil roulant.
Hello hello ici ! J’espère que tu te portes bien :)
Avant d’aller plus loin, si les coulisses de mon activité de podcasteur et de mon bizness t’intéressent, j’ai sorti cet épisode lundi dernier :
Cette semaine, on était le 22 juillet.
C’était peut-être un détail pour toi, mais le 22 juillet restera désormais une date gravée dans ma vie comme importante.
Comme le jour de l’anniversaire de mes filles, la date de mon mariage naguère, la date de la mort de mon associé et ami.
Autant de premières fois qui ont jonché mon existence jusque-là, depuis (bientôt) 49 ans.
(À ce propos : 49 ans. L’année prochaine j’ai 50 piges. Ça n’a aucun sens à mes yeux mais j’y reviendrai dans une prochaine missive que je t’enverrai)
Donc ce 22 juillet, c’était l’anniversaire de ma fracture de la malléole.
Mais siii voyons, si tu me suis sur Insta, je t’ai bassiné avec ça tout au long de l’année : cette maudjite rando (de 5 minutes avant que je me pète la gueule), ma fracture, mon opération, ma cicatrice, mon plâtre, mes piqûres quotidiennes dans le ventre, dans les cuisses, mon été niqué, mes premiers pas, mon premier bain dans la morve tellement j’étais heureux, ma rééducation blablabla…
Je voudrais ici dire un grand Merci à ma désormais ex-compagne, Marie — on a décidé de se séparer d’un commun accord il y a quelques temps 🫠.
Elle m’avait suggéré de créer une visualisation pour :
M’aider à sortir du marasme psychologique dans lequel j’étais embourbé - ça a été un sacré deuil de passer mon premier été au Pays Basque dans mon lit, en pleine canicule, plutôt qu’à gambader partout dans le 64 et à aller me baigner tous les matins.
“Entraîner” mon cerveau à guérir et me projeter dans ma vie à venir avec ma cheville toute réparée et un corps qui peut bouger, marcher, courir à nouveau.
Les bienfaits de la visualisation ne sont plus à démontrer scientifiquement et tu as sûrement déjà entendu parler du vision board, sur les réseaux ou sur Pinterest.
C’est un exercice qui consiste à assembler sur une grande feuille de papier que tu auras sous les yeux chaque jour des éléments que tu veux retrouver dans ta vie future / dans un projet ou autre.
Mais là, c’est un exercice plus approfondi que le vision board :
Tout d’abord, écris une scène dans laquelle tu te projettes. Mets-y le plus de détails possibles auquel le cerveau pourra s’accrocher : tu entendras dans la mienne (plus bas), j’ai décrit ma tenue très précisément, le nom de la montagne que je voyais (Jaizkibel), le ciel nuageux mais magnifique, le parcours que je vais faire en courant. Prends le temps de décrire les émotions que tu ressens, les paysages et ce qu’ils te font vivre. Dis-toi que si tu devais être le réalisateur de cette séquence, tu devrais pouvoir filmer la scène avec les descriptions de ce texte.
Si tu as des appréhensions, des peurs, utilise la visualisation pour venir les contrer directement plutôt que les ignorer (dans la mienne : ma chevillère qui me soutient !).
Viens ajouter dans ton texte toutes les situations qui vont te faire du bien, peu importe si ça n’a ni queue ni tête — dans la mienne, je me retourne et je tombe sur Marie dans l’océan, ou encore mon pote Patxi qui me laisse un vocal pour aller jouer au basket.
Ça n’est pas réaliste ? Mais tu t’en fous, voyons, tu es là pour manipuler ton cerveau et lui donner ce qu’il souhaite vivre :) et crois-moi qu’en août dernier, je n’avais qu’une envie : aller jouer à la balle orange et plonger dans les vagues.
Une fois que c’est fait, que tu as bien peaufiné ton texte, il est temps de passer à l’action.
Lis-le à voix haute et regarde l’effet qu’il a sur toi, laisse aller les émotions, laisse-le te pénétrer totalement. Lis-le et relis-le autant de fois que tu en as envie, puis chaque jour, chaque heure si ça te fait du bien. Ce texte va devenir un soutien pour toi.
Perso, j’ai dû le lire pendant 10-15 jours avant que j’arrête de pleurer en le lisant. Il m’a permis de purger toutes les émotions et la frustration que cette fracture avait créée dans ma vie.
Ensuite, tu peux, si tu le souhaites, le transformer en un fichier audio pour le mettre dans tes oreilles quand tu voudras.
Voici ce que donnait la mienne avec ma cheville :
Autant te dire que le jour où je me suis remis à courir, où je suis retourné me baigner pour la première fois, j’en ai pleuré.
J’ai vu les effets bénéfiques de cette visualisation à chaque instant de ma rééducation, ça m’a préparé à aller mieux, ça m’a enthousiasmé à aller mieux, ça m’a offert un objectif clair, net et précis que j’ai lu, écouté, relu et réécouté chaque jour de ma convalescence.
Le cadeau de cette fracture
Je le racontais dans le texte “dédié” à cet accident que c’était ma première fracture en 48 piges, ma première opération et mon premier plâtre.
Je m’estime heureux et d’un autre côté, je vois bien à quel point c’était tard dans ma vie d’aller “explorer” cette immobilisation forcée.
Cette fracture m’a offert un tout nouveau rapport à mon corps :
Pour la première fois de ma vie, je me suis payé un coach sportif et nutrition pour m’offrir un cadre de sport et de nourriture en prévision de ma cinquantaine/soixantaine.
C’est clairement la première fois que je m’offre un coach pour le corps, alors que j’ai dépensé des milliers (et sans doute des dizaines de milliers d’euros) pour ma tête en psy, thérapies, formations en tous genres.J’ai tous les matins de la semaine 30 minutes de renforcement musculaire, plus ou moins intense en fonction des jours et je commence même à y prendre du plaisir (là où jusqu’ici, en dehors du basket, c’était difficile de m’amuser dans une pratique sportive)
Je n’ai commencé “que” depuis 2 mois mais je vois déjà les effets sur mon corps, sur mes bras, mon torse, mes abdos, mes cuisses. Je me vois même ajouter de la difficulté aux exercices que le coach propose.
Ça m’a rappelé que “le corps se souvient” : j’ai eu une pratique de basket intensive (tous les jours de la semaine à un moment donné) entre mes 15 et mes 25 ans, j’étais au top de ma forme physique puis… j’ai abandonné toute pratique sportive au nom d’une pratique professionnelle intensive (le gars était simple basique : tout ou rien et tous mes œufs dans le même panier).
Bref, ça me fait un bien fou et même si j’avais l’envie profonde de renouer avec la pratique physique en arrivant au Pays Basque en mai 2025, cette fracture aura été le déclencheur d’un tout autre rapport à mon corps.
Sur ces bonnes paroles, je vais aller faire ma séance du jour :)
Belle journée à toi et à bientôt !
Fabrice






